Samir Joubran a quitté Ramallah au début de la seconde intifada, sans doute, comme il nous l’explique « parce que l’odeur du sang est plus forte que n’importe quel projet artistique ».Cela ne l’a pas empêché de porter haut l’art musical traditionnel de Palestine, surtout depuis qu’il est le premier musicien à avoir reçu une bourse de Parlement international des écrivains.
« Une association qui permet, dit-il, à des artistes d’exercer librement leur art ».La tournée qui commence aujourd’hui en Wallonie et à Bruxelles est le fruit de ce travail.Samir Joubran y interprètera au oud, le luth traditionnel arabe, les compositions qu’il a élaborées avec son frère cadet Wissam.Un duo qui a donner lieu, en 203, à un album « Tamaas », produit par le label Daqui.
Difficile pour Samir de traduire ce terme sinon en évoquant l’aboutissement de la complicité de deux frères qui jouent depuis longtemps.
Quand je pose musicalement une question, je m’attends à sa réponse. Mais la réponse peut venir plus vite que prévu, quand je suis toujours occupé à m’interroger, dit-il.
C’est que les compositions de « Tamaas » sont avant tout basées sur l’improvisation qui incite chacun des deux artistes à fusionner à leur point d’incandescence.
Si l’on peut le faire, c’est que nous sommes des frères. D’habitude, dans ce répertoire traditionnel, chacun joue sa partie séparément au moins pendant cinq minutes, tandis que chez nous les choses s’enchaînent plus vite.
Aussi parce que si Samir a appris l’orthodoxie de la musique classique arabe au conservatoire du Caire, il n’a jamais rompu avec la verve palpitante du répertoire populaire de Palestine et s’est laissé gagner par le swing du jazz.
Wissam Joubran, manifestement, ne s’en porte pas plus mal d’autant qu’il est lui-même au cœur de ce duo fraternel puisqu’il l’a fourni en instruments. Mon père a bien essayé de m’enseigner aussi la facture instrumentale, mais rien n’y fait, enchaîne Samir. Par contre Wissam, a ce don de trouver les bons bois et les travailler de telle sorte que nos personnalités profondes puissent s’exprimer librement sur ses ouds.
Wissam Joubran est d’ailleurs le premier facteur d’origine arabe à avoir intégré l’Institut italien Stradivari en Italie.
Presse
LE SOIR
14/01/05
Les frères Joubran jouent la Palestine
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LE NOUVEL OBSERVATEUR N°2106 - du 17 au 23 mars
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