Le trio de joueurs d’oud qui sillonne le monde s’est arrêté hier soir à Nantes, le temps d’un concert sur la scène dressée place de la bourse. Venus en nombre, les spectateurs sont repartis charmés, se promettant de revenir le jeudi suivant.
C’est un échange avec le public que les frères Joubran ont débuté la première session des Soirées du jeudi sur la place de la bourse. Passionnés de musique arabe ou novices, les spectateurs ont pu découvrir les trois virtuoses de l’oud.
Leurs instruments sont fabriqués par Wissam, premier luhtier du monde arabe à avoir étudié à l’institut Antonio Stradivarius, en Italie ? son diplôme en poche, le jeune homme souhaite ouvrir un atelier de lutherie à Paris.
Pour la paix en Palestine
Lors de la discussion, les deux aînés ont abordés des sujets qui leur tiennent à cœur : leur musique et l’occupation des territoires palestiniens. Né à Nazareth, Samir l’aîné, ne se sent pas schizophrène malgré son passeport israélien. « Je suis assurément palestinien « . Ce qui ne m’empêche pas de faire partager son art dans le monde entier.
« Quand on parle de culture et de musique, je n’ai aucune frontière. Ni pour aimer, ni pour être aimé ».
Leur musique est d’ailleurs diffusée sur les ondes israéliennes.Si elle leur sert pour combattre, c’est avant tout une lutte pour la paix que le trio mène.
Un public sous le charme
« En étant palestinien, je ne peux pas être un musicien comme les autres ».explique Samir. Et s’il se distingue des autres c’est aussi par son talent. Le millier de spectateurs présents hier soir à 21h30a pu apprécier à sa juste mesure le brio des joueurs d’oud. Un concert qui a laissé une grande part à l’improvisation, permis par la proximité des frères, jouant tantôt les yeux fermés dans une concentration presque mystique, et se regardant intensément à d’autres moments.
Une complicité et une symbiose poussées à l’extrême lorsque Wissam et Samir interprètent un morceau à deux mains sur le même oud. Ce moment d’une rare intensité a ravi les spectateurs. « C’était magique », tel est le verdict de Delphine à la fin du concert, arrivée par hasard, elle y est restée toute la soirée…
Oud et cordes vocales
Surprenant le public et même les organisateurs, le trio s’est transformé en quator lors du rappel. Avec une quatrième Joubran, de surcroît. La jeune angevine d’origine marocaine n’a pourtant aucun lien de parenté avec les musiciens, et chante en amateur.
Remarquée pour sa voix, Rabia a rejoint le groupe le temps de deux chansons, dont une interprétation d’une chanson d’amour de Fairouze, grande chanteuse libanaise. Avant d’être ovationnée par un public conquis.
