En Palestine, les frères Joubran, Samir et Wissam, nés à Nazareth, en Galilée, sont appelés des luthiers de la paix.Depuis cinq génération, leur famille joue du oud. A Jérusalem, à Ramallah, partout dans le monde, mais rarement à Paris, ils jouent de ce luth arabe qui exprime toute la grandeur de leur terre et de leur culture. Ce soir leurs deux instruments font vibrer la salle Jean-Vilar du théâtre Chaillot et accompagnent les sept danseurs de la compagnie Hela Fattoumi et Eric Lamoureux dans leur nouvelle création : « La Madâ’a ».
Sur la scène immense se déploient trois voiles ivoires qui délimitent l’espace où musique et danse se mélangent. Pieds nus, inspirés, fiévreux Samir et Wissam font dialoguer leur oud. On ferme les yeux en oubliant les corps qui ondulent et se plient aux accents passionnés des deux instruments. Sous la lumière de plus en plus blanche , apparaissent des images de soleil, de sable brûlant, des parfums de menthe, l’ombre des maisons, la fraîcheur des fontaines.Quand leur imploration s’achève, on a le sentiment d’avoir traversé le désert ensemble.
