Les frères Joubran. Sous le soleil du Moyen-Orient. (Photo DNA - Alain Destouches)
On peut consacrer les trois frères Joubran - Samir, Wissam et Adnan -, joueurs de oud, en ambassadeurs de l'espoir. Un univers musical ancré dans la tradition, et confortablement installé dans les grandes coutumes des maîtres orientaux. Les chants d'amour, le blues andalou, la polyrythmie orientale, une musique épurée, mélodique et sagement jouée. Les musiciens nous ouvrent des trésors ancestraux, où l'on savoure les tendres mélopées arabes et les structures sensuelles. Le répertoire est savamment dosé. La salle comblée de Pôle Sud, l'autre soir à Strasbourg, écoute attentivement cette musique lyrique et claire, gorgée d'une mélancolie typiquement orientale - on est loin de la fusion jazzy fortement épicée de Rabih Abou-Khalil : le récital des frères Joubran est un hommage élégant et attentif à la Palestine.
Un élégant hommage à la Palestine
Des arabesques musicales teintées de blues universel. Le trio cherche son inspiration dans une musique aux frontières souples, quelque part entre Ramallah et l'Espagne méridionale, entre la Méditerranée et le soleil du désert. On passe d'une musique moelleuse aux chants d'amour, puis la musique se transforme en un refrain populaire qui glorifie, bien évidemment, le désir et l'espoir. La formule est simple : la délicatesse arabe et un sens mélodique hérité de leurs ancêtres, irradiés par une rythmique complexe et gracieuse. Le tout donne une musique tapissée de références. Un concert agréable, acoustique et doux. Le trio Joubran serpente dans une musique composée de sensations, de citations et de saveurs croisées. Les chants populaires, les signatures personnelles, un aimable voyage musical dans le temps. Tout est joué dans un mouvement tranquille, les frères brodent une musique lisse et souple, un beau tapis oriental. Une musique organique où l'Europe hivernale vibre sous le soleil du Moyen-Orient. Rien de radical et encore moins d'expérimental dans la musique des frères Joubran. Juste quelques pépites de bonheur et de bonnes vibrations.
L'espoir. On en avait rudement besoin.
Velibor Colic
