Fermez les yeux.
Imaginez un ciel immense qui, plein de lumière, pâlit à proximité du sol.
Imaginez un endroit sans personne, où seul un vent irrégulier vous rappelle à la réalité, tels des souvenirs qui viennent et disparaissent dans votre esprit : le son des cordes du luth oriental (l’oud) laissant place à des silences profonds et vice-versa. Dans ces mélodies épurées, sans voix ni autre instrument que les trois « guitares orientales » des frères Joubran, point de relaxation.
La musique propage une tension perpétuelle, tout en prenant son temps – l’une des plages du CD, Safar, dure plus de dix-huit minutes – comme si elle nous racontait une poésie – l’un des frères s’est nourri de sa rencontre avec le poète palestinien Mahmoud Darwish. « Randana » : le mot évoque un mélange entre résonance et fredonnement.
